Critiques et avis

de
OrsolyaDans « Si c’est un homme », Primo Levi nous livre ses mémoires, ses cauchemars, ses angoisses, le semblant de vie que les Häftlings, comme on les appelle, menaient dans les camps, à une époque encore toute proche. Leur descente aux enfers y est décrite dans le moindre détail.
Dans son malheur, Levi aura, malgré tout, la chance d’être recruté sur concours, au sein du camp, en temps que chimiste. Une petite « élite » destinée au travail en laboratoire, beaucoup moins éprouvant que le reste des tâches du camp. C’est sans aucun doute ce qui lui sauvera la vie.
Le livre est plein de passages très forts. Des sentiments si bien retranscrits que l’on n’en ressort pas indemne.
« […] Ils peuplent ma mémoire de leur présence sans visage, et si je pouvais résumer tout le mal de notre temps en une seule image, je choisirais cette vision qui m’est familière : un homme décharné, le front courbé et les épaules voûtées, dont le visage et les yeux ne reflètent nulle trace de pensée. » (p.139)
À lire pour ne pas oublier.
L’édition Pocket propose, à la fin du livre, un petit appendice d’une trentaine de pages où Levi répond à des questions qui lui ont été posées tout au long de ses rencontres avec les lycéens. Ces quelques pages nous en apprennent tout autant, si ce n’est plus, sur ce qu’étaient réellement les camps.

de
gatsu77Dès le début ce récit nous fait sombrer dans une réflexion profonde.
Ce livre présente le compte-rendu d'une expérience de laboratoire sur l'âme humaine est c'est ainsi que je l'ai lus.
La description méthodique des conditions extrêmes de vie à Auschwitz, l'énumération patiente des souffrances endurées par le narrateur ainsi que le fil de ses réflexions, la poignante froideur de son récit qui s'adresse directement à notre intelligence, tout cela force à s’interroger sur la notion même des conditions initiales de l'humanité, ce que le titre résume parfaitement : un homme, qu’est-ce que c’est ?
Un passage au début du livre m’a particulièrement frappé. La scène décrit l’arrivée à Auschwitz.
"Une dizaine de SS, plantés sur leurs jambes écartées, se tenaient à distance, l'air indifférent. A un moment donné ils s'approchèrent, et sans élever la voix, le visage impassible, ils se mirent à interroger certains d'entre nous en les prenant à part, rapidement : " Quel âge? En bonne santé ou malade ? " Et selon la réponse, ils nous indiquaient deux directions différentes. "
Tout baignait dans un silence d'aquarium, de scène vue en rêve. Là où nous nous attendions à quelque chose de terrible, d'apocalyptique, nous trouvions, apparemment, de simples agents de police. C'était à la fois déconcertant et désarmant. Quelqu'un osa s'inquiéter des bagages. Ils lui dirent " bagages, après "; un autre ne voulait pas quitter sa femme ils lui dirent " après, de nouveau ensemble " ; beaucoup de mères refusaient de se séparer de leurs enfants : ils leur dirent " bon, bon, rester avec enfants ".
Sans jamais se départir de la tranquille assurance de qui ne fait qu'accomplir son travail de tous les jours; mais comme Renzo s'attardait un peu trop à dire adieu à Francesca, sa fiancée, d'un seul coup en pleine figure ils l'envoyèrent rouler à terre : c'était leur travail de tous les jours."
On ne peut pas mieux parler et plus sobrement de la déresponsabilisation. Aujourd’hui encore, sur un mode certes moins tragique, nous souffrons des maux qui nous sont infligés par nos frères dé responsables. Tous les jours nous croisons des individus, qui à l’instar de ces SS, se réfugient derrière un devoir, une mission (ou une démission), une règle du jeu ou que sais-je et s’abandonnent en toute innocence à l’opium de la déresponsabilisation.

de
tafamgsacUn livre bouleversant qui retrace l'horreur vécue pendant la Seconde Guerre mondiale. L'auteur, Primo Levi, raconte l'holocauste et la vie dans les camps d'extermination. Un ouvrage qui devrait être lu par tous les élèves dans les lycées, pour vraiment se rendre compte des horreurs vécues à cette période.