Critiques et avis

de
Pierrot44Il existe parfois en France des réalisateurs qui sont des perles et qui montrent au monde entier qu’en France aussi on sait sortir des sentiers battus et offrir des films qui sont des joyaux reconnus internationalement. Christophe Gans est de cela.
Issu d’un manga, « Crying Freeman » nous fait découvrir l’univers asiatique que Gans apprécie. On sort issu des habituelles comédies à la française ou des polars noirs. Le réalisateur veut faire connaitre au public français ce qu’il y a de mieux et de plus beau dans le cinéma du soleil levant.
Vibrant hommage au réalisateur comme Tsui Hark (la trilogie du Chaos, time and tide…), John Woo, Chan-Wook Park (Old Boy, Lady Vengeance…), Christophe Gans apprête le terrain français à l’ouverture asiatique, qui ne se démentira pas avec des succès comme Tigre & Dragon, Old Boy quelques années plus tard.
« Crying Freeman » nous porte réellement entre poésie et action sans pour autant que l’un prenne le pas sur l’autre. Mark Dacascos campe ici le rôle du « Freeman », tueur à gage à la fois froid et sentimentale qui verse une larme à chaque meurtre qu’il perpétue. Sans doute le meilleur rôle de Dacascos qui confronté à un Tchéky Karyo fourbe et fou (une interprétation démentielle), va devoir choisir entre devoir et amour.
Gans utilise tout l’arsenal du cinéma asiatique pour nous présenter l’univers de la mafia japonaise à la fois dangereuse et réglementé, nous transportant de l’Asie vers San Francisco. Les couleurs sont magnifiques et les images léchées, n’hésitant pas à utiliser les gros plans comme pour entrer dans l’univers des protagonistes pour bien nous les faire comprendre les enjeux, défis de chacun et leur importance vitale.
Du romantisme non sirupeux au gunfight impressionnant, « Crying Freeman » nous fait vibrer, monter en tension et apprécier ce cinéma quelques peu différents mais tellement intéressant.