Critiques et avis

de
tengokuCe livre est une vaste blague reprenant tous les ragots faisant de l'Internet un grand méchant qu'il faudrait, sinon interdire, du moins remettre sur les rails du contrôle par un petit nombre, censé décider pour les autres ce que sont ou pas les oeuvres culturelles.
Il se veut une réponse à La Longue Traîne de Chris Anderson, mais n'en a ni la contre argumentation nécessaire ni la logique de raisonnement qui fait la force de l'autre ouvrage.
En voyant que la préface est signée Denis Olivennes, j'avais espoir de trouver des arguments solides contre la nouvelle économie et qui permettraient d'expliquer cette hargne des majors envers leurs propres consommateurs.
Que nenni, vous apprendrez seulement que les consommateurs sont juste bon à écouter les prêches d'une élite cooptée ayant la main-mise sur la culture et seule habilitée à décider de ce qui est intéressant ou pas, que seule cette élite est en droit de vous dire ce que vous devez écouter, lire, regarder et que l'avis de ceux qui consomment ces produits culturels est par essence nul et néfaste.
Vous apprendrez aussi que l'Internet est un nid à pédophiles, voleurs, drogués, détruisant des familles entières et des entreprises pourtant incontournables au XXe siècle, et que la gratuité est peut-être l'un des pires maux de l'humanité.
Ce serait comique si cette vision n'était pas peu ou prou reprise par ceux qui sont censés être à la tête de ces majors et donc d'une bonne partie de l'industrie culturelle.
Contentez-vous de lire le dernier chapitre, le seul à peu près cohérent et qui tranche avec les inepties développées dans le reste du livre. D'ailleurs, il ne fait qu'adapter la théorie du post filtrage de Chris Anderson, en y ajoutant un degré élitiste. Même là, Andrew Keen est incapable de développer de nouvelles idées.