Critiques et avis

de
laraclamourPlus qu’un film, un style ! Gus Van Sant signe avec Paranoid Park un film à son image, sur le malaise de l’adolescence (sujet déjà exploité par ce dernier dans Elephant).
Il choisit ici de nous plonger dans le cercle de jeunes skateurs américains, à travers Alex (Gabriel Nevins) un jeune garçon paumé, qui ne fait rien, n’a envie de rien…
Jusque-là rien de très original. L’histoire est presque commune. C’est à ce moment que l’on se rend compte que cette dernière est mise en arrière plan par l’originalité de Gus Van Sant, qui nous happe durant toute la séance.
En effet, il utilise pour Paranoid Park deux styles filmiques différents : un premier qui frôle le documentaire (filmé caméra à l’épaule, avec des images très pixellisées et qui traite exclusivement des skateurs, de leur environnement) et un autre qui se rapporte à la fiction donc à l’accident déclanché par Alex. La marque du réalisateur y est très accentuée (succession de gros plans, d’images floues et de ralentis) : la caméra caresse ce jeune garçon au plu profond de lui. Et puis il y a la répétition de scènes qui rend le film un peu décousu mais, qui fait tout son charme et lui donne de la profondeur, du volume car arrivée au bout de l’intrigue, on s’aperçoit que la situation finale n’a pas vraiment évolué par rapport à la situation initiale.
Le tout est accompagné par une bande son très présente tant par les plages de silence nombreuses que par les bruits omniprésents et la musique. Cette bande son permet au spectateur d’entrer dans l’atmosphère du film, de comprendre le mal-être de cet ado (comme la scène de la douche, où le son est totalement décalé par rapport à l’image, comme l’est Alex avec le monde qui l’entoure).