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France 2 recherche pour un reportage au journal de 13h un utilisateur assidu des trocs sur Internet en région parisienne.
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RésuméTu tattendais à quoi ? je lui ai dit. Tu crois que ça va être facile de me quitter ? Tu crois que je vais te laisser faire comme ça ? Jai lancé le cadre par terre, le verre sest brisé mais comme cétait pas assez jai bondi du lit et jai déchiré la photo, celle quil prétendait tant aimer, la photo de nous deux en mariés, beaux et légèrement ridicules, il y avait tant de monde quon ne connaissait pas à notre mariage quon est partis avant la fin.Il a eu lair triste, plus de la photo déchirée que du fait de me quitter. Il a toujours été fou avec les photos. Parfois je me disais quil naimait les choses de la vie que pour les voir un jour en photo. Moi cest le contraire, rien ne me fait plus peur quune photo, rien ne me semble plus faux-cul quune belle photo de bonheur avec toute la quantité de malheur quelle promet, quelle contient, mais sans le dire, en cachant bien son jeu. Je ne savais pas encore que cétait la meilleure chose qui puisse marriver, quil me quitte. Comment jaurais pu le savoir ? Il était toute ma vie, sans lui je nexistais pas. Il portait des baskets neuves, ce soir-là. Il était allongé sur le lit, ses baskets neuves aux pieds. Dabord jai cru que cétait parce quil en était content, parce quil voulait les admirer et me les faire admirer, je ne savais pas que cétait pour partir, en courant, pour toujours. Pourquoi tu nenlèves pas tes baskets ? jai demandé. Elles sont chouettes, mais il est deux heures du matin, tas envie de faire lamour avec tes baskets mon amour ? Non, il a dit, sans rire ni sourire, non, jai pas envie de faire lamour avec mes baskets, jai quelque chose à te dire. Ah bon, quoi ? Je me suis pelotonnée contre lui. En rentrant de mon bureau, je lavais appelé : tu as besoin de quelque chose ? Non. Du fromage, des Frosties ? Non. Parce que je vais aller faire des courses, il ny a plus de Coca, ni de thé je crois, tu veux sûrement quelque chose ? Rien. Rien, tes sûr, cest dommage, car je voudrais bien te faire plaisir, moi. Alors, fais-moi plaisir, ne me rapporte rien sil te plaît. Cette conversation mavait sidérée. Il ne disait jamais non aux Frosties, dhabitude. Jamais non au fromage. Parfois on se levait la nuit, moi pour aller boire un verre de lait, lui pour se faire un sandwich, on se retrouvait dans la cuisine, ensommeillés, affamés, cétait parmi les moments que je préférais, quand il était décoiffé, tout nu dans le froid, France Info à fond pour écouter le résumé du match de foot. Mais là il ne voulait pas de fromage, rien, cétait la première fois, cétait bizarre. Tu te souviens comme on se moquait, dhabitude, de ceux qui disent bon il faut quon se parle ? il ma dit, couché sur le lit, ses baskets neuves aux pieds. Oui, pourquoi ? Parce quil faut quon se parle, là, cest idiot mais il faut quon se parle. Il avait le menton qui tremblait, il avait lair quil a quand il a une sale note, ou quand il sest disputé avec son père, ou Non, en fait, il na jamais eu le menton qui tremble comme ça, il na jamais eu cet air-là, et je lui demande, tout bas, au bord des larmes, en osant à peine poser la question, en nosant pas entendre la réponse : il faut quon se parle, mais de quoi ? Et, comme il hésite : allez, allez, dis-le, je crie, debout soudain près de lui. Je viens de comprendre, en fait, et je le déteste davoir compris : dis-le ! dis-le ! La semaine dernière (il tousse, il prend une cigarette, cherche du feu, nen trouve pas, repose la cigarette) la semaine dernière, tu portais ta robe verte, tu sais, celle qui fait se retourner les gens dans la rue et qui me rend toujours si fier, tu mas dit ça y est, je suis guérie, je vais bien, je vais tellement bien quon va pouvoir enfin saimer bien, je nai plus peur que tu me quittes, tu ten souviens ? Bien sûr que je men souviens, je pense : je me sentais si forte, ce jour-là, javais arrêté les amphètes depuis un an, je ne lisais plus son journal intime, je ne parlais plus en dormant, et cest vrai que je navais plus peur quil me quitte, et cest vrai que cétait une drôle de bonne nouvelle, ça voulait dire que la vie allait être plus légère, cest tellement important la légèreté. Je ne réponds pas, pourtant. Je suis trop atterrée par ce que je suis en train de comprendre et cest lui qui reprend : eh bien je pars, voilà, je men vais, cest ça le truc que je voulais te dire. Fiche technique194 pagesDimensions (cm) : 14 x 22 x 2
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